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Conseils

Quel feutre ou crayon pour un coloriage adulte ?

Crayon à la cire ou à l’huile, feutre à l’eau ou à l’alcool, stylo gel : ce que chaque outil fait au papier et au gris pâle, et une page d’essai gratuite.

Par Éditions Encre Douce18 octobre 2026
Illustration à l’aquarelle : un crayon de couleur bleu marine, un crayon rose, un feutre fin vert sauge, un feutre pinceau, un stylo gel et une gomme alignés au-dessus d’une feuille aux formes de feuilles gris pâle, dont une coloriée en bleu

Quand on colorie avec une seule couleur, le choix de la palette disparaît. Reste une question, plus importante qu’on ne le croit : avec quoi ? Un crayon tendre ou dur, un feutre à l’eau ou à l’alcool, un stylo gel : chaque outil se comporte autrement sur le papier, et autrement sur les formes gris pâle de nos pages.

Nous avons relu les fiches techniques des fabricants, les guides de Caran d’Ache et de Faber-Castell, la norme américaine qui classe la tenue à la lumière des crayons, et nous avons comparé tout cela sur nos propres pages. Voici ce que nous en retenons, sans jargon, avec une page d’essai à imprimer en fin de parcours.

Ce qu’un outil doit faire sur une page gris pâle

Nos pages n’ont pas de contour : des aplats gris très clairs indiquent où poser la couleur, puis s’effacent dessous. Un bon outil doit donc faire quatre choses. Couvrir le gris, pour que la forme devienne vraiment coloriée. Donner des valeurs, du clair au foncé, puisqu’il n’y a qu’une couleur pour faire tout le relief. Ne pas traverser le papier ni le faire gondoler. Et rester agréable pendant une heure : un coloriage monochrome se fait par passages légers, le geste compte autant que le résultat.

Le crayon de couleur : le choix le plus sûr

C’est l’outil que nous recommandons pour commencer, et celui avec lequel nos pages ont été dessinées en pensant à vous. Il couvre bien, il fait toutes les valeurs par la seule pression, il ne traverse jamais, et il pardonne : un passage trop léger se rattrape, un passage trop appuyé se fond.

Mine à la cire ou mine à l’huile ?

Les crayons de qualité se distinguent par leur liant. Une mine à la cire (Prismacolor Premier, par exemple) est tendre et très couvrante : elle remplit vite les grandes formes, s’estompe facilement et donne un rendu velouté. Son défaut est un voile blanchâtre qui peut apparaître après quelques jours sur les zones très appuyées, la « fleur de cire » : un chiffon doux passé sans frotter la fait disparaître. Une mine à l’huile (Faber-Castell Polychromos, par exemple) est plus dure et plus fine : elle garde sa pointe, se superpose proprement couche après couche, résiste à l’eau et ne fleurit pas. Elle demande un peu plus de passages pour couvrir le gris.

Pour nos pages, les deux conviennent. Si vous aimez remplir vite et obtenir un aplat dense, la cire. Si vous aimez construire la valeur lentement, par couches, avec des bords nets, l’huile. Beaucoup de coloristes gardent les deux : la cire pour les grandes zones, l’huile pour les petites formes et les bords.

Crayon scolaire ou crayon d’artiste ?

Un crayon scolaire a une mine plus dure et moins chargée en pigment : il couvre le gris en trois ou quatre passages là où un crayon d’artiste le fait en un ou deux. Il convient très bien pour découvrir, et il est souvent déjà dans un tiroir de la maison. Le vrai avantage du monochrome, c’est qu’il ne demande pas une boîte de 72 couleurs : un seul bon crayon suffit. Les gammes d’artiste se vendent à l’unité, pour le prix d’un café ; prenez-en un ou deux dans la couleur que vous aimez, et gardez le reste du budget pour le papier.

Schéma : trois bandes de plus en plus foncées, pression légère, moyenne et appuyée, puis trois carrés pour un, deux et trois passages
Avec un seul crayon, la pression donne le clair et le foncé ; les passages successifs donnent le velours.

La pression et les passages

Tout le relief d’un coloriage monochrome vient de là. Les guides de Caran d’Ache le disent simplement : c’est la pression qui mélange les grains de pigment et crée les nuances. Posez d’abord un passage léger, crayon incliné, sur toute la forme : le gris est couvert, la couleur reste claire. Revenez ensuite, un peu plus appuyé, sur les zones que vous voulez foncer : le creux d’un pétale, le bord d’une feuille. Deux ou trois passages suffisent. Pour un fini lisse et brillant, un dernier passage très appuyé, le « brunissage », écrase le grain du papier. Pour un fini doux, laissez le grain respirer.

La tenue à la lumière, seulement si vous encadrez

Les fabricants sérieux indiquent pour chaque couleur une résistance à la lumière. Deux échelles existent. La norme américaine ASTM D6901, établie avec la Colored Pencil Society of America, classe les crayons de I (très résistant) à V (fugace) ; seuls les niveaux I et II peuvent se dire conformes. L’échelle des laines bleues (« Blue Wool ») va de 1 à 8 ; Faber-Castell la traduit en étoiles sur ses crayons, trois étoiles pour 7 et 8, deux pour 5 et 6, une pour 3 et 4. Gardez une chose en tête : ces classements comptent pour une page encadrée au mur, exposée au soleil pendant des années. Une page gardée dans un classeur ou un carnet n’en a pas besoin. Et méfiez-vous des mentions « bonne tenue » sans échelle : certaines marques l’affirment sans l’avoir mesurée.

Les feutres : à l’eau ou à l’alcool

Les feutres couvrent le gris en un seul passage, avec une couleur franche et uniforme. C’est leur force. Leur limite est l’inverse : ils font peu de valeurs. On obtient le clair et le foncé avec deux feutres de la même teinte, ou en laissant des zones blanches, plus qu’en appuyant.

Feutres à l’eau

Les feutres de coloriage courants (pointe fine ou pointe pinceau) ont une encre à base d’eau. Ils traversent peu un papier de 120 g, sèchent vite et ne sentent rien. Deux habitudes à prendre : colorier chaque forme en un passage régulier, sans revenir dessus une fois sec, sinon des stries apparaissent ; et éviter le papier d’imprimante de 80 g, qui gondole dès que l’encre l’humidifie. Avec une pointe pinceau, on couvre une grande feuille en trois gestes ; avec une pointe fine, on soigne les petites formes.

Feutres à l’alcool

Les marqueurs à l’alcool (Copic, Promarker et les gammes voisines) ont une encre transparente qui se superpose sans stries et sèche presque instantanément. Ils sont conçus pour pénétrer le papier : sur une feuille d’imprimante, l’encre traverse et marque la page du dessous. Il leur faut un papier « marqueur », lisse et très dense, souvent vendu en bloc, et une feuille de protection dessous. Nos pages s’impriment recto uniquement, justement pour que le verso reste blanc : avec une feuille glissée dessous, rien n’est abîmé. Pensez aussi à aérer la pièce, l’odeur d’alcool est nette.

Feutres fins, stylos gel, feutres pinceau

Un feutre fin (0,3 à 0,5 mm) sert aux toutes petites formes et aux bords ; il couvre mal les grandes surfaces. Un stylo gel dépose une encre opaque et brillante, idéale pour une petite zone ou un reflet, mais lente à sécher : gardez la main en dehors de ce que vous venez de colorier. Un feutre pinceau est le plus expressif : un seul outil pour les aplats et les détails, avec une pointe qui suit la pression. Pour un coloriage monochrome, il est souvent le meilleur complément du crayon.

Illustration à l’aquarelle : une page aux formes gris pâle dont la branche d’eucalyptus est déjà coloriée en bleu marine au crayon, le crayon taillé et ses copeaux posés à côté
Sous le crayon, le gris pâle disparaît : c’est le signe d’un outil assez couvrant.

Le papier a le dernier mot

Le même crayon ne donne pas le même résultat sur deux papiers. Un papier à grain accroche le pigment et donne une texture ; un papier lisse donne un aplat net. Pour le crayon de couleur, le papier de 80 g de votre imprimante suffit. Pour les feutres à l’eau, passez à 120 g. Pour les feutres à l’alcool, prenez un papier marqueur, quel que soit son grammage, et glissez une feuille dessous. Évitez les papiers glacés, sur lesquels le crayon glisse, et les papiers recyclés très gris, qui ternissent la couleur. Les réglages de l’imprimante comptent aussi : nous les détaillons dans le guide pour imprimer un coloriage à la maison.

Quelle couleur, pour une seule couleur ?

Toutes les couleurs ne se valent pas quand elles sont seules. Un jaune ou un rose pastel couvrent mal le gris et donnent peu de valeurs : le coloriage paraît pâle même appuyé. Un bleu marine, un vert bouteille, un bordeaux, un brun sépia ou un violet profond donnent trois valeurs nettes avec le même crayon, du lavis au presque noir. Si vous hésitez, prenez une couleur moyennement foncée que vous aimez regarder longtemps : vous allez passer une heure avec elle.

Notre sélection selon votre usage

Vous voulez Prenez Pourquoi
Découvrir Un crayon de couleur, même scolaire, sur le papier de l’imprimante Rien à acheter, aucun risque de traverser, toutes les valeurs à portée de main.
Des séances longues et calmes Un crayon d’artiste à l’huile, un papier lisse de 120 g La pointe tient, les couches se superposent proprement, le geste reste léger.
Un rendu dense et velouté Un crayon d’artiste à la cire Couvre en un passage, s’estompe au chiffon ; essuyer la fleur de cire au bout de quelques jours.
Aller vite sur de grandes formes Un feutre pinceau à l’eau, papier 120 g Trois gestes par feuille, couleur franche ; un passage, sans retouche.
Des petites formes très nettes Un feutre fin 0,4 mm ou un stylo gel Précision des bords ; laisser sécher le gel avant de poser la main.
Encadrer le résultat Un crayon classé I ou II (ASTM) ou 7–8 (laines bleues) La couleur tiendra des années à la lumière.
Un atelier, une classe Un crayon par personne, une seule couleur Pas de palette à partager, pas de feutre qui traverse, et le même résultat pour tous.

Entretien et petits gestes

  • Un taille-crayon à lame bien affûtée. Une lame émoussée casse les mines tendres à l’intérieur du bois. Taillez peu et souvent.
  • Une gomme mie de pain. Elle éclaircit un passage trop appuyé sans abîmer le papier ; une gomme classique lustre la surface.
  • Les feutres à plat, bouchon fermé. Debout, la pointe sèche ou se gorge ; ouvert, un feutre à l’alcool s’évapore en quelques heures.
  • Une feuille sous la main. Pour ne pas lustrer le crayon ni étaler le gel avec le poignet.

Questions fréquentes

Faut-il une grande boîte de crayons ?
Non. Le coloriage monochrome se fait avec une seule couleur : un bon crayon, acheté à l’unité, vaut mieux qu’une boîte de 72 dont vous n’utiliserez qu’un ou deux bâtons. Ajoutez-en un second, plus clair ou plus foncé dans la même teinte, si vous voulez élargir les valeurs.
Les feutres à l’alcool conviennent-ils à vos pages gratuites ?
Oui, à condition de les imprimer sur un papier marqueur et de glisser une feuille dessous. Sur le papier de 80 g d’une imprimante, l’encre traverse. Les pages sont imprimées recto uniquement pour cette raison : le verso reste vide.
Peut-on mélanger crayon et feutre ?
Très bien, et dans cet ordre : le feutre d’abord, en aplat léger, puis le crayon par-dessus pour les valeurs. Un crayon à la cire sous un feutre à l’eau, en revanche, repousse l’encre.
Les crayons aquarellables sont-ils une bonne idée ?
À sec, ils se comportent comme des crayons un peu tendres. Avec un pinceau humide, ils donnent de beaux lavis, mais le papier de 80 g gondole : prévoyez un papier de 160 g ou plus, et testez d’abord sur la page d’essai.

Sources

Petite maison d'édition installée à Bruxelles. Nous dessinons des livres de coloriage monochrome pour adultes, une page recto à la fois. Qui sommes-nous

Éditions Encre Douce